Statut de l’auto-entrepreneur : gardons les pieds sur terre et la tête froide !
Nous observons un phénomène étrange : le statut de l’auto-entrepreneur fait tant parler de lui que le gonflement médiatique, la bulle communicationnelle qui l’entourent finissent par le desservir et se retourner contre lui, l’asphyxier.
Dans ce contexte, la Fédération des auto-entrepreneurs veut avoir un discours clair et réaliste :
- Non, le statut de l’auto-entrepreneur n’est pas LA réponse à la crise, on ne peut pas tout attendre de lui.
- Non, être entrepreneur ne s’improvise pas. Si ce statut est ouvert à une grande majorité de la population et si une lourde barrière administrative a été levée, la barrière de la rentabilité économique ne tarde pas à s’abattre sur ceux qui se bercent d’illusions.
- Non, la Fédération des auto-entrepreneurs ne nourrira pas ces illusions en participant à un discours du « tous auto-patrons », une sorte de fable de la facilité d’entreprendre.
Et c’est pour ces raisons que :
- Oui, la Fédération se tient au côté des auto-entrepreneurs qui ont besoin d’être accompagnés.
- Oui, le statut est une vraie chance pour ceux qui veulent se créer un revenu complémentaire, tester une idée de produit, démarrer une activité et tenter de faire vivre leur passion.
- Oui, la formule Pas de chiffre d’affaires = pas de cotisations est une vraie avancée, une réussite formidable pour ce gouvernement et pour les Français.
Si l’on brandit le statut de l’auto-entrepreneur comme la solution à tous les problèmes et si l’enthousiasme affiché n’est pas connecté à la réalité du statut et de la situation économique, les critiques et les grincements de dents ne tardent pas à se faire entendre. On est à peu près sûr alors de voir le statut devenir victime de son propre succès. C’est pourquoi il faut garder la tête froide et les pieds sur terre… et se mettre au travail !
Deux événements médiatiques récents démontrent qu’il est plus facile de se dire patron que de l’être vraiment.
- Nicolas Sarkozy, confronté à Elodie LEPONT-JUBIN, se trouve questionné sur les dispositifs d’accompagnement des créateurs. La jeune femme a ces mots très vrais : « Je me suis sentie seule. On communique très positivement sur ce domaine [de l’auto-entrepreneuriat], mais je voudrais mettre en garde les gens qui se lancent, qu'ils réfléchissent bien ! ».
Le président propose immédiatement que les dispositifs d’accompagnement soient renforcés, et confie à Hervé Novelli la tache de les mettre en place. Nous avons largement commenté cette réaction.
- Capital proposait le dimanche 31 Janvier une émission intitulée « Enquête sur la France qui redémarre ». Une partie de l’émission enquêtait sur les auto-entrepreneurs, et le constat réalisé était en demi-teinte. Certains gagnent leur vie, d’autres pas, certains se font même avoir par la communication à outrance faite autour de ce régime simplifié. Les exemples d’auto-entrepreneurs que les entreprises utilisent comme des salariés sont nombreux, autant d’ailleurs chez les artisans que dans d’autres corps de métiers.
Hervé Novelli réagit et s’exprime en ces termes : « 320.000 auto-entrepreneurs, ça n’est plus un chiffre, c’est un phénomène ». Mais plus tard, il avoue « préférer y voir les opportunités d’abord, plutôt que les dérives ».
Encore trop englués dans des considérations tout à la fois politiques, populaires, économiques ou encore symboliques d’un gouvernement qui innove, il semble que les acteurs majeurs peinent à garder la tête froide.
Des dérives apparaissent : luttons contre ! Les créateurs se sentent seuls, personne ne va les soutenir ? Agissons !
Un constat est évident : depuis un an, nous sommes en réalité le seul organisme INDEPENDANT à agir avec détermination et rigueur pour surveiller et jauger l’ampleur de ce phénomène. Nous sommes le seul à mettre en place des structures ADAPTEES pour accompagner l’auto-entrepreneur dans ses démarches. Loin de toute revendication politique (d’autres associations le font très bien, qui sont à la fois proches du gouvernement et de François Hurel), loin de tout esprit de polémique stérile, nous voulons mettre en garde ceux qui ne pensent qu’aux chiffres, à la communication de masse et à l’effet électoral.
Nous ne jouons pas avec les entrepreneurs, nous ne voulons pas en faire les dindons de la farce. Nous pressentons au contraire que le régime de l’auto-entrepreneur est petit à petit en train de devenir victime de son succès. Quand certaines entreprises se seront vues requalifiées un contrat de prestation en contrat de travail, quand certains auto-entrepreneurs auront blessé leurs clients en omettant des règles de sécurité, quand d’autres abandonneront en masse le régime faute de clients, de marge, de gains, quand les arnaques de certains rendront les particuliers méfiants et les verront se détourner plus encore des petites structures : alors là oui, on pourra dire que les dérives auront tué un régime qui a pourtant tout pour réussir !
Soyons sérieux ! Les spécialistes de l’accompagnement le disent : un créateur seul est un créateur en danger. Rassemblons nous plus encore pour mettre en commun nos compétences, dénoncer les mauvaises pratiques, renforcer le tissu économique local, donner l’envie d’entreprendre.
En toute INDEPENDANCE !
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