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Les auto-entrepreneurs rejetent la proposition de contrôle de leur gestion

Le Nouveau Centre, par la voix d'un de ses députés, Charles de Courson, propose de soumettre les auto-entrepreneurs à un contrôle systématique de leur gestion, contrôle réalisé par un Organisme de gestion agréé ou par un expert-comptable.

Lire le texte complet de l'amendement.

La Fédération des auto-entrepreneurs s'élève contre un tel amendement (document en bas d'article, page 59 et 60), qui est, pour de nombreuses raisons, totalement déconnecté des réalités : il doit être vivement rejeté.

Sur le fond

  • Il est absolument faux d'affirmer que les auto-entrepreneurs créent une distorsion de concurrence avec les autres statuts d'entrepreneurs. La DGCIS a montré que les auto-entrepreneurs n'ont d'autre avantage que la simplicité de leur gestion, ce que d'autres pays ont su donner à la grande majorité de leurs entrepreneurs.
  • Suspecter les auto-entrepreneurs de ne pas déclarer tout leur chiffre d'affaires revient à les accuser d'être des fraudeurs en puissance alors qu'ils sont des gens responsables comme tout autre entrepreneur.
  • Leur imposer une charge administrative nouvelle et la faire payer via les articles 575 et 575A du CGI revient à « taxer » encore.
  • Il y a mieux à faire que d'étouffer les auto-entrepreneurs sous des charges administratives induites : c'est de régler la question de la CFE qui est l'objet d'une monumentale erreur fiscale en 2010 et renouvelée en 2011 ! Monsieur de Courson aurait pu proposer par exemple une nouvelle méthode de calcul.
  • La première vertu de ce régime est qu’il est basé sur la confiance : contrôler encore et toujours n’a pas de sens, et ce d’autant que des contrôles URSAFF sont menés au niveau des auto-entrepreneurs, au même titre qu’au niveau des autres régimes.
  • La seconde vertu de ce régime est qu’il est basé sur la simplicité : tenir un livre-journal des recettes et registre des achats est simple, et suffisant. Vouloir obtenir une attestation de conformité du chiffre d'affaires déclaré alourdit  la charge administrative induite tant chez l'auto-entrepreneur que dans les administrations, ce qui est totalement contraire aux politiques de simplification.
  • Comment imposer aux auto-entrepreneurs une obligation qui, dans tous les autres régimes existants donne droit à déduction des honoraires des OGA, alors que pour les auto-entrepreneurs, qui ne peuvent rien déduire, ce droit serait oublié ? Si cet amendement est voté, il y aura rupture du principe d'égalité, si cher au Conseil Constitutionnel.
  • Le but apparent de l’amendement est de faire délivrer par un comptable (OGA ou expert comptable) une attestation de conformité entre chiffre d'affaires déclaré et enregistrement des recettes, pour lutter contre la fraude. Mais les contrôleurs du fisc et de l'URSSAF savent bien que ce type de document ne produit rien d'efficace : quel fraudeur serait assez idiot pour inscrire noir sur blanc du chiffre d'affaires qu'il fait "au noir" ?
  • De plus, forcer un auto-entrepreneur qui ne ferait pas de chiffre d’affaires cette année là à cotiser à un OGA ou à régler une mission auprès d’un Expert Comptable revient à "taxer" un chiffre d’affaires nul : principe contraire au régime.

Sur la forme :

  • L’amendement cite le chiffre de 500.000 auto-entrepreneurs : le chiffre exact avoisine aujourd’hui les 900.000, ce qui en termes de volume et de création de valeur, n’est pas du tout pareil.
  • Le chiffre d’affaires des AE génère  des recettes pour les caisses de l’Etat qui n’existeraient pas sans ce régime : on parle de 600 millions d’euros encaissés par l’Etat depuis sa création.
  • L’amendement parle d’ « obligations comptables », alors qu’il n’en existe pas dans le régime. Les seules obligations sont des obligations de gestion, et de bonne tenue des documents.

En revanche, inciter l’auto-entrepreneur à fréquenter un comptable ou un organisme de gestion agréé pour le guider dans une bonne tenue des écritures et une bonne gestion nous semble utile. Il s'agit d'une mission qui peut être librement contractée par l’auto-entrepreneur et son expert-comptable, selon des besoins précis de développement, de gestion, de croissance.

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A propos de l'auteur

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FEDAE

La Fédération des auto-entrepreneurs (FEDAE) est une organisation professionnelle française représentant les auto-entrepreneurs. Association Loi 1901 créée en 2009, elle a pour vocation de promouvoir l’entrepreneuriat et d’accompagner les créateurs d’entreprises individuelles dans la mise en œuvre de leurs projets. Dédiée, depuis l’origine, à l’auto-entrepreneur, elle s’adresse particulièrement aux porteurs de projets et dirigeants de micro-entreprises. Son objectif est d’organiser une communauté d’entrepreneurs afin de mutualiser les ressources et de favoriser les contacts et les relations d’affaires.

réseau social http://social.federation-auto-entrepreneur.fr

Commentaires

Le statut d'

Le statut d' Auto-entrepreneur n'est pas respecté.
Ont n'est loin du "service à la personne à domicile et des petites réparations de dépannage"
Et ceux qui font de la vente d'articles neufs , doivent reverser la TVA ! mais il n'y a aucun contrôle !
Trop d'Auto-entrepreneurs sont dans l'illégalité et font du tord au "commerçants et artisans" .
Personnellement , je trouve que ce statut doit être amélioré au plus vite pour éviter que certains...se retrouve dans une situation désastreuse .

Les experts-comptables et les

Les experts-comptables et les auto-entrepreneurs ont réclamé lundi dans un communiqué la suppression d'un amendement sur le contrôle de leurs comptes adopté par la commission des finances de l'Assemblée nationale.

Le Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables (CSOEC) et l'Union de la profession comptable et des organismes agréés (UNPCOGA) jugent que "l'institution de mesures contraignantes, au surplus dans une période de crise, va à l'encontre" du développement de l'activité des auto-entrepreneurs.

Ces organismes proposent à la place une "concertation" visant à élaborer une projet de texte sur "un diagnostic d'activité triennal des auto-entreprises, s'inscrivant dans le cadre d'un contrat de croissance".

La rencontre entre l'auto-entrepreneur et un professionnel de la comptabilité ou un organisme agréé serait l'occasion d'un bilan pour une éventuelle mise en conformité, de parler de développement de l'activité, mais aussi de s'assurer que le régime de l'auto-entrepreneur reste le plus approprié, expliquent les organismes.

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DB

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Ces organismes proposent à la place une "concertation" visant à élaborer une projet de texte sur "un diagnostic d'activité triennal des auto-entreprises, s'inscrivant dans le cadre d'un contrat de croissance".

La rencontre entre l'auto-entrepreneur et un professionnel de la comptabilité ou un organisme agréé serait l'occasion d'un bilan pour une éventuelle mise en conformité, de parler de développement de l'activité, mais aussi de s'assurer que le régime de l'auto-entrepreneur reste le plus approprié, expliquent les organismes.

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