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Les journalistes s'affrontent autour du régime de l'autoentrepreneur pour une histoire de carte de presse

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Le site LexTimes.fr a souhaité enquéter, depuis le revirement de jurisprudence de la Commission supérieure de la carte d’identité des journalistes professionnels de janvier 2011.

En effet, le journaliste professionnel devenu auto-entrepreneur "en y étant contraint" peut dorénavant prétendre à conserver sa carte de presse. Revirement de jurisprudence qui n'est pas du goût des syndicats (attachés autant à l’esprit qu’à la lettre au statut de la profession qui remonte à 1935), en particulier le Syndicat national des journalistes (SNJ), qui, par la voix d'Alain Girard, son premier secrétaire général, dénonce « l’intrusion de l’auto-entrepreneur dans la profession ».

La loi Brachard du 29 mars 1935, reprise notamment à l’article L. 7112-1 du code du travail, est très claire : le journaliste est obligatoirement salarié. Si au départ la liste des professions pouvant prétendre à ce régime comprenait le journalisme, le ministère a retiré cette mention, conformément aux vœux des syndicats. Et sur le guide de l’auto-entrepreneur, il est indiqué que « le régime de l'auto-entrepreneur ne peut pas être choisi lorsque l’activité est exercée dans le cadre d’un lien de subordination pour laquelle seul le salariat doit être retenu ». Or le journaliste ne peut être que salarié.

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Un débat de fond qui ne doit pas oublier le droit commun

Le régime de l’auto-entrepreneur fait effectivement ressurgir la problématique de la relation contractuelle qui existe entre le journaliste et son donneur d'ordre : le droit du travail semble avoir répondu à cette question !

On doit clairement considérer que le journaliste professionnel est donc salarié de son "client" s'il n'en a qu'un seul, qu'il y ait été contraint ou pas (la notion de contrainte n'apparait pas dans la loi), et qu'il est en revanche indépendant s'il a plusieurs clients.

Le seul critère discriminant est donc bien la notion d'entreprise subordonnée à une autre (ou d'entreprise reposant sur une réelle activité commerciale).

Les acteurs qui doivent faire changer cette situation sont donc bien en dernier recours les autoentrepreneurs eux-mêrmes qui n'auront aucune peine à démontrer, comme c'est clairement énoncé dans l'article, la relation de subordination qui les lie.

Quant à ce qu'ils conservent leur carte de Presse, c'est semble t-il, un juste retour des choses : la carte sert-elle à démontrer qu'on est salarié, ou à effectuer une mission de journalisme professionnel ?
 

A propos de l'auteur

Grégoire Leclercq
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GREGOIRE LECLERCQ

Ingénieur en informatique diplômé de l'Ecole Spéciale Militaire de Saint Cyr, titulaire d'un Master en Droit Pénal, diplômé de l'Ecole des Officiers de la Gendarmerie Nationale, Diplômé du MBA d'HEC Paris. Fondateur et Président de la Fédération des Auto-Entrepreneurs

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