Hélène Lelandais, secrétaire indépendante
J'ai toujours dit que je me mettrai à mon compte avant mes 30 ans, lâche Hélène Lelandais, calvadosienne de 29 ans. Si la jeune femme est toujours auxiliaire de vie scolaire à mi-temps auprès d'enfants handicapés mentaux, depuis le 14 mai, elle est également chef d'entreprise. Cette jeune membre de la Fédération a fait l'objet d'un bel article dans la Manche Libre. Extraits :
Des petits emplois à l’auto-entreprise
Deux ou trois clics sur Internet et elle reçoit quelques jours plus tard ses codes SIREN et SIRET, ses identifiants en tant que société. En un rien de temps, Hélène Lelandais vient de rejoindre le cercle en plein essor des auto-entrepreneurs, ces créateurs de micro-entreprises bénéficiant d’un régime à la fiscalité et aux démarches simplifiées. Le régime vise à faciliter la création d’entreprise par : l’inscription directe sur lautoentrepreneur.fr, l’exonération de TVA, l’allègement des charges sociales (12,1 % pour une activité commerciale ; 18,3 % ou 21,3 % pour les services). Si aucun chiffre d’affaires n’est réalisé, l’auto-entrepreneur ne paie aucune cotisation.
Si cette habitante de Sainte-Honorine-du-Fay a fini par se lancer, c’est par lassitude des petits boulots et des mi-temps, mais aussi par envie de “se gérer toute seule”, bien aidée par un nouveau régime taillé sur mesure pour développer une activité sans trop de contraintes administratives et financières. “J’ai beaucoup galéré, admet-elle. Pendant des années j’ai surtout travaillé dans la restauration.” Un métier qui a ses bons côtés, mais qui ne répond pas à ses aspirations professionnelles, étant titulaire d’un bac pro en secrétariat. Dynamique et entreprenante, elle voit plus grand.
Début 2009, une petite annonce d’offre d’emploi sur Internet attire son attention. Un commerçant recherche une secrétaire pour l’aider de temps en temps. Hélène Lelandais répond à l’offre, mais comme seule réponse, on lui conseille alors d’opter pour le régime d’auto-entrepreneur, entré tout juste en vigueur. Le brocanteur en question était en réalité à la recherche d’une secrétaire indépendante, rémunérée en honoraires, une pratique encore très peu développée.
“Je me suis alors documentée sur ce statut, explique-t-elle. J’ai consulté le site de l’APCE (Agence pour la création d’entreprise), le site de l’auto-entrepreneur et des forums Internet. J’ai découvert qu’il n’y avait pas beaucoup de concurrence pour le secrétariat indépendant dans le Calvados.”
Son projet mûrit. Au début du printemps, elle se décide enfin à créer son auto-entreprise en secrétariat pour professionnels et particuliers. Pour ajouter le plus de cordes à son arc, elle propose également ses services en télé-prospection ou réalisation de documents divers : cartes de visites, CV, etc.
Un micro-crédit pour se lancer
Mais pour faire grandir un projet, une idée ne suffit pas. Un des obstacles majeurs du créateur d’entreprise est de réussir à se faire connaître. La jeune femme en est consciente et profite des disponibilités laissées par son travail à mi-temps pour passer à l’étape suivante : faire de la publicité autour de sa micro-entreprise.
Problème : comment payer la réalisation de supports publicitaires quand on a à peine de quoi vivre ? Estimant son projet bien ficelé, elle contacte l’antenne de Basse-Normandie de l’Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE), structure spécialisée dans le micro-crédit. Spécialisée dans le micro-crédit, l’association agit depuis 2002 en Basse-Normandie. À ce jour, elle a accordé près de 700 micro-crédits, dont 148 en 2008, principalement à des demandeurs d’emploi (80 %) en reconversion. Parmi eux, près de 50 % sont des chômeurs de longue durée et des Rmistes.
Après rendez-vous, l’ADIE lui prête 600 euros, une somme qu’elle n’aurait pas pu réunir sans aide, mais indispensable pour réaliser quelques plaquettes de présentation.
Moins d’une semaine après avoir opté pour le régime d’auto-entrepreneur, Hélène Lelandais n’en est qu’à la phase de prospection. Pour le moment, ses clients restent à l’état embryonnaire de “pistes”. Bien qu’il soit trop tôt pour savoir s’il elle a fait le bon choix, la jeune entrepreneuse n’hésite pas : “Sans ce nouveau régime, je n’en serais peut-être pas là !”
Elle sait que le chemin est encore long, mais elle a franchi une étape importante.
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Source : La Manche Libre
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