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Manuel RUCAR, Tendanceur pour la filière végétale

Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise ?
Manuel RUCAR, 23 ans, Ingénieur en Horticulture / Tendanceur
En novembre 2008, lors de ma dernière année d’étude de cycle d’ingénieur à l’Agrocampus Ouest – Institut National d’Horticulture et du Paysage, je décide de répondre à un appel à projet innovant organisé par la technopole d’Angers. Un jury d’experts et de professionnels retient mon projet : la création du premier cabinet de tendance pour la filière végétale.


Un cabinet de tendances ?
Un cabinet de tendances est une structure qui analyse les tendances de consommation dans un domaine particulier (dans mon cas : le végétal) et qui est capable d’informer les professionnels d’une filière sur les évolutions futures des produits de la filière, 2, 3 ou même 5 ans à l’avance. Ces entreprises existent depuis une cinquantaine d’année dans le milieu de la mode et de la décoration intérieure mais peu se sont risqués dans le domaine du vivant. Ma formation horticole combinée à ma passion pour les plantes, effacent les contraintes biologiques de cet univers que les cabinets classiques ne maîtrisent pas. C’est en cela que réside la force du projet : allier l’expertise des tendances à la connaissance du végétal pour anticiper les évolutions de la consommation à court, moyen et long terme et ainsi proposer des produits « dans le coup » au bon moment.
 

Pouvez-vous présenter l’entreprise ?
L’entreprise est principalement une entreprise de service qui propose aux professionnels des suivis de projet, de l’élaboration de nouveaux produits, de l’accompagnement stratégique et marketing. Ce conseil permet d’inscrire une entreprise dans une dynamique d’innovation raisonnée. Ainsi le client, grâce à notre accompagnement, est à même de proposer des nouveaux produits ou concepts, ou de revoir sa stratégie en fonction de l’avenir commercial de ses produits. Un des axes majeurs de l’entreprise c’est aussi la réalisation et la diffusion du cahier des tendances du végétal. Il s’agit d’un livre qui, tous les ans, présente à l’ensemble de la filière, les évolutions attendues pour chacun des produits et secteurs d’activités de la filière :

  • Arbres/arbustes
  • Paysage
  • plantes de jardin
  • plantes d’intérieur
  • distribution
  • fleuristerie
  • packaging etc.
     

Comment vous est venue l'idée ? Qu'est-ce qui vous a motivé à lancer ce projet ? Le régime d’auto-entrepreneur a-t-il été un déclencheur pour votre projet ?
L’idée est venue des nombreuses interrogations que j’ai été amené à me poser lors de ma formation d’ingénieur : comment prévoir le succès commercial d’une plante que l’on met parfois jusqu’à dix ans pour produire ? Comment être sûr de l’accueil des consommateurs pour ce produit ? Comment expliquer les phénomènes de mode dans le végétal ? Et surtout, comment font les autres secteurs d’activité ? Etrangement, la réponse est venue de l’industrie automobile ! J’ai eu l’occasion de rencontrer un tendanceur qui travaillait lui pour cette industrie et qui m’a tout appris. Là est véritablement né le projet d’entreprise : S’il existe une solution réelle est scientifique à toutes ces questions, pourquoi la filière
végétale se priverait-elle d’un tel outil d’analyse ? Il fallait que quelqu’un se lance. Mon expertise du végétal, mes compétences d’ingénieur et ma sensibilité aux tendances sont des atouts pour cette nouvelle profession que j'ai créé pour la filière.

  • Après la sélection par le jury d’Angers technopole, je suis donc rentré dans une phase d’incubation d’entreprise avec notamment, la possibilité de disposer d’un crédit
    d’accompagnement de 30 000 € à valoir en étude de faisabilité technique et en étude de marché. En 2009 nous avons donc mené ces deux études mais aussi trouvé des partenaires pour le projet et testé un premier contrat.
  • Le régime d’auto-entrepreneur a été un véritable accélérateur du projet. Ce statut m’a permis de tester le projet auprès de futurs clients dans un cadre juridique simplifié. Cette liberté d’agir seul a aussitôt créé des relations avec des partenaires qui ont pu tout de suite percevoir l’intérêt du projet. Tous se sont rapidement investis, certains se sont même rattachés en tant qu’associés. Ce tremplin me permettra prochainement de transformer l’auto-entreprise en Société.
     

Combien de temps vous ont pris les formalités de déclaration?
Les formalités de déclaration m’ont pris uniquement une demi-journée (choix des différents statuts, assurances etc.) ensuite toutes les démarches sont automatiques et ne requièrent aucune compétence particulière.


Quelles compétences techniques avez-vous pour développer ce projet ? Où et comment les avez-vous acquises ?
Certaines compétences me manquaient pour mener à bien mon projet d’entreprise. Avec l’aide de l’incubateur d’entreprise Angers technopole, j’ai pu organiser un transfert de
compétences entre un laboratoire de recherche et mon entreprise. Ainsi, plusieurs partenaires scientifiques permettent à l’entreprise de garder un niveau constant à la pointe des dernières avancées dans mon domaine d’activité : végétal et analyse des tendances.


Créer et gérer une entreprise, ce n'est pas si simple. Quel conseil donneriez-vous à quelqu'un qui se lance dans la création d'une entreprise ?
Pour se lancer dans la création d’entreprise il faut, selon moi, 4 qualités principales :

  1. Ne pas hésiter : On a le droit de se tromper, on a le droit de sous-estimer la réalité ou de la surestimer. Mais pour avancer il ne faut pas hésiter. En résumé : se lancer. Il est
    indispensable d’être bien informé. Peu de décisions se prennent à la légère. Cependant, le statut d’auto-entrepreneur à cette force d’une grande indépendance. Nous sommes seul maitre à bord ce qui permet, en cas de besoin, de foncer sans avoir de compte à rendre, et donc d’avancer beaucoup plus vite qu’une grande structure.
  2. Avoir un objectif : qu’il soit réaliste, à très long terme, financier ou purement « spirituel » il est indispensable de savoir où l’on va. Personnellement je n’ai jamais su comment atteindre mon objectif mais il a toujours été présent et je me rends bien compte que j’y arrive progressivement, parfois par des chemins que je n’aurai jamais pu prévoir. L’essentiel est de ne pas perdre de vue ce que l’on veut, la motivation initiale.
  3. Toujours rebondir : se lancer en tant qu’entrepreneur, c’est aimer le changement. Tous les jours des nouveaux éléments se révèlent : des contrats, des opportunités, des
    concurrents, des difficultés, des imprévus. Personnellement, il m’a fallu un temps d’adaptation pour comprendre que mon quotidien ne serait jamais constant et pour apprendre à le gérer. Il faut savoir ne pas s’emballer lorsqu’une bonne nouvelle arrive et ne pas baisser les bras en cas de coup dur, et c’est tout un art !
  4. Parvenir à bien faire la part des choses entre le travail et la vie privée car la création d’entreprise change profondément une vie. Il est indispensable de pouvoir se « débrancher » sur le seuil du domicile afin de ne pas tout mélanger. Monter une entreprise c’est excitant, formateur, et prenant. A la manière d’une passion, le projet
    nous tourne dans la tête nuit et jours. Mon astuce : noter les idées sur un petit carnet pour les reprendre le lendemain et éviter de les ruminer toute la soirée.


S’agit il d’un projet complémentaire à votre travail ou souhaitez vous le développer à l’avenir ?
Je me suis lancé dans la création d’entreprise avant même la fin de mes études et ait donc choisi le statut d’auto-entrepreneur pour rentrer dans la vie active. Pour moi c’est un tremplin qui propulsera très prochainement le projet vers de nouveaux horizons : la création d’une SAS.


Dans quelles étapes de votre projet vous-êtes vous particulièrement investi ? Financement, recherche du statut juridique, communication, développement ?
Etant donné qu’il s’agit d’un projet complètement novateur dans mon secteur d’activité, de gros effort ont donc été fait dans la compréhension du marché (étude de marché) et dans la formalisation d’une offre adaptée. Comme je l’ai dit, un transfert méthodologique entre un laboratoire de recherche et l’entreprise a mobilisé beaucoup d’énergie et de temps. Actuellement ces aspects sont en court de maitrise et je m’attarde beaucoup plus sur l’aspect communication qui est indispensable au projet.


Que recherchez-vous pour votre entreprise à ce jour ?
Aujourd’hui, mes futurs associés et moi-même, cherchons à nous implanter dans le réseau national et à valider plusieurs contrats afin d’obtenir la confiance de nos partenaires.
Pour les années à venir nous comptons embaucher plusieurs personnes... si tout se passe bien !


Un conseil pour d’autres qui hésiteraient à se lancer ?
Je dirai simplement que ce type d’expérience, qu’il soit pour quelques années ou pour une carrière entière, change profondément une vie. Énormément de portes s’ouvrent et notre vision des choses s’élargie. Bien sûr il y a des risques, des difficultés mais quelle fierté après quelques temps, de se retourner et de ce dire : je l’ai fait !


Un dernier mot pratique : Comment peut-on vous joindre ? Avez-vous un site web ?
Pour plus d’informations sur le projet et son évolution, vous pouvez consulter notre site web : www.chlorosphere.fr où vous trouverez toutes mes coordonnées.
N’hésitez pas à me contacter également via les principaux réseaux sociaux (viadeo, LinkedIn, Xing, etc.)

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