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La bulle des créations d'auto-entreprises en 2020, le risque d'explosion


Que penser de l'explosion de créations de micro-entreprises, +9% selon l'Insee, en 2020? Ne nous trompons pas, analyse Grégoire Leclercq, le président de la Fédération des auto-entrepreneurs (FNAE) qui alerte sur les médias. Ce signal très fort révèle surtout l'énorme malaise d'une société où des salariés en perdition cherchent à s'en sortir. Retour sur une croissance qui a plus que jamais besoin d'être soutenue.

Avec sa note statistique parue le 3 février 2021, l'Insee a lâché une bombe, et ce n'est pas la première. Malgré la pandémie, les créations d'entreprises auraient non seulement battu des records en 2020 avec +4%, mais les micro-entreprises auraient fait exploser les compteurs avec +9%! De quoi en perdre son tableur.

Le mirage des créations, des chiffres un peu trop positifs

Chaque année la FNAE soutient et se réjouit de la croissance des micro-entreprises. Elle s'appuie sur les données de l'Acoss et de l'Insee pour acter cette part de plus en plus importante d'entrepreneurs qui se lancent dans tous les domaines.

En 2019 encore, 576 000 immatriculations, +24,5% par rapport à 2018 selon l'Acoss. Les micro-entrepreneurs représentent près de 48% des travailleurs indépendants, soit 1,7 million. 

En 2020, l'escalade continue avec 548 000 nouvelles immatriculations, +9% selon l'Insee, soit 65% des créations, 87% des travailleurs indépendants...

...sauf qu'en pleine pandémie cette explosion d'immatriculations rapides en micro-entreprise est le signal aussi fort que désespéré de milliers de personnes jetées sur le pavé : étudiants sans job, salariés précaires, en chômage partiel:

  • 88 500 dans le transport, +37% par rapport à 2019 (+25.300)

L'impossibilité d'ouvrir physiquement un commerce a aussi boosté certains secteurs:

  • 81 500 dans le commerce, réparation automobile et motocycle, +27,7% par rapport à 2019
    • +6200 dans la vente à distance sur catalogue général,
    • +4300 dans la vente sur catalogue spécialisé.

Les propositions de logement ont fleuri en mai, à la fin du premier confinement :

  • 15 600 dans les activités immobilières, +15,5% par rapport à 2019.

C'est le signal du coûte que coûte pour survivre, et non celui du "quoi qu'il en coûte" pour tous ces indépendants qui se sentent lâchés par les fermetures d'entreprises, qui n'ont droit ni au RSA, ni au fonds de solidarité. Ni aux aides de la CAF puisque ces nouveaux indépendants doivent produire leurs revenus sur l'année écoulée (et non les trois derniers mois comme les salariés).

Ces secteurs qui dégringolent en micro-entreprise

La lucidité s'impose. Certaines activités ont lourdement chuté en 2020. Toutes celles en contact avec du public se retrouvent dans les baisses d'immatriculation :

  • 16 300 dans l'art et le spectacle, -21,7%
  • 30 200 dans l'enseignement, -8,5%
  • 17 000 dans la santé humaine et l'action sociale, -7%.

Rétablir la réalité du drame vécu par les indépendants

Face aux chiffres qui font croire que certains ont bien tiré leur épingle du jeu de la crise sanitaire et économique, que la reprise est là, la FNAE rétablit les faits par la voix de son président, Grégoire Leclercq, qui appelle à la prudence. Alors que dans le transport notamment - la livraison bien sûr - ces activités déjà en forte croissance les années précédentes "vont avoir du mal à se maintenir dans le temps", souligne-t-il sur France Info TV. "La durabilité des entreprises qui se sont créées en période de crise et sur un secteur spécifique est assez contestable à long terme."

Et, interviewé sur BFM TV à propos des mesures éventuelles prises fin mars 2021 par le gouvernement pour aider les indépendants en péril, une seule réponse s'impose au président de la FNAE : avant le plan de relance il faut se préoccuper du quotidien, du fonds de solidarité pour tous ceux privés depuis le début de l’année. Les auto-entrepreneurs attendent des versements du fonds depuis décembre et n’ont plus droit à rien en 2021. On leur fait croire que la reprise est là, mais on ne les empêche pas de couler. Plus de 400.000 entreprises sont sur la sellette, au bord du suicide.

Garantir la protection sociale, lutter contre la pauvreté

Pour leur protection sociale les auto-entrepreneurs en création dépendent automatiquement du régime général depuis 2020. Ainsi, dès qu'ils cotisent ils s'ouvrent en principe des droits à

Mais en 2021 et au-delà, comment celles et ceux qui, faute de travail, ont très peu cotisé en 2020 s'ouvrent-ils des droits?

  • Les indemnités journalières maladie et maternité sont réduites puisque la moyenne du revenu des trois dernières années doit être au minimum de 4.113,60 euros.
  • Les droits à la retraite sont rabotés puisque pour valider un seul trimestre il faut un chiffre d'affaires annuel allant de 2280 euros à 4137 selon l'activité (9120 euros à 20740 euros pour quatre trimestres).
  • Les allocations familiales n'ont pas été réactualisées chaque trimestre comme pour les salariés mais calculées sur l'année écoulée.
  • Le droit au chômage pour les indépendants est une vaste blague dénoncée par la FNAE pour son manque de réalisme (procédure de liquidation longue et coûteuse pour une indemnisation mensuelle de 800 euros pendant six mois)... sous conditions de ressources bien sûr.
  • Le droit à l'Acre (l'aide à la création et la reprise d'entreprise) permettant l'exonération partielle des cotisations sociales est passé de trois ans à une seule année pour les auto-entrepreneurs... inscrits notamment au chômage. L'Acre n'existe plus sans droits ouverts avec les entreprises qui licencient et ne renouvellement pas les CDD.

Alors oui, la FNAE a demandé le plus longtemps possible la continuité du fonds de solidarité pour tous les petits entrepreneurs touchés par la crise économique. Empêchés de travailler pour fermeture administrative et jugés "non essentiels", ces auto-entrepreneurs ont eu besoin de cette aide de l'Etat.

Depuis plusieurs semaines, les contrôles pleuvent, parfois difficiles à satisfaire lorsqu'il faut comprendre les références, les dates, les pièces à fournir.

Depuis plusieurs semaines, des auto-entrepreneurs n'ont plus aucune aide, les versements se font attendre. Et le malaise est croissant : Comment? Malgré la relance, malgré les chiffres époustouflants de création d'entreprises certains vont encore mal? Eh oui, un pan important de l'économie nationale est à la peine, et ce n'est pas (encore) celui qui bénéficie de prêts garantis par l'Etat qu'il faudra bien rembourser, un jour.

 

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