La dimension sociale du régime de l'auto entrepreneur : lyrisme ou réalité ? | Fédération des Auto-entrepreneurs
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La dimension sociale du régime de l'auto entrepreneur : lyrisme ou réalité ?


Sommaire

Dans le contexte de morosité économique ambiante, l’enthousiasme crée par le régime de l’auto-entrepreneur est une vraie bouffée d’oxygène. Cet enthousiasme se lit ou s’entend un peu partout. En 2009, le Figaro évoquait le régime comme une « entreprise de pacification sociale » et Hervé Novelli[1]parle de « réconciliation de classes » et d’un statut qui « réintroduit de l’égalité dans une société qui en manque. »

 


Envolée lyrique ou réalité ?


  • Il y a tout d’abord les chiffres. Si en 2009, un quart des auto-entrepreneurs sont par ailleurs demandeurs d’emploi, c’est qu’ils ont vu, dans l’auto-entreprise, un régime qui leur donnait leur chance. Ouvert à tous, c’est ainsi qu’Hervé Novelli a voulu le statut pour qu’il soit « le passeport pour démarrer une activité » que les Français, quels qu’ils soient, attendaient.

  • La possibilité de cumul des allocations chômage ou du RMI (bientôt RSA) avec les revenus de l’auto-entreprise[2] est la clé de voûte de cette ouverture à tout un chacun. Les témoignages sont nombreux de ceux qui choisissent se lancer dans une activité et d’exercer leur talent et se réjouissent de sortir de la passivité à laquelle la perception des allocations ont pu parfois les inciter.

  • Signe tangible de cette dimension sociale du statut, l’intérêt que lui porte l’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Économique).

Sa présidente est catégorique : « Voilà longtemps qu’à l’ADIE, nous sommes persuadés de l’intérêt d’un statut comme celui de l’auto-entrepreneur (…). Grâce à ce statut, tout le monde peut facilement créer son activité, sans prendre de risques. »L’ADIE accueille  les créateurs ou auto-entrepreneurs habituellement exclus du financement bancaire (entre autres, les titulaires des minima sociaux). Au-delà de l’obtention d’un microcrédit, ces derniers sont accompagnés par des conseillers, individuellement et lors d’ateliers collectifs.

Et tout est là, dans cet accompagnement si précieux. En effet, si l’enthousiasme est palpable et légitime, certaines inquiétudes le sont aussi. L’un des atouts du statut, c’est le fait que tant qu’on ne crée pas de recettes, on ne paie pas de charges. C’est un avantage à double tranchant qui peut se lire à la négative : si on ne paie pas de charge, on ne cotise pas à la retraite. Ainsi la faiblesse des droits sociaux ouverts par le statut fait craindre à certains acteurs du domaine social que beaucoup de personnes soient séduites par le statut, ne cotisent pas au chômage, ni même à la retraite en cas de difficulté dans l’activité, et ainsi, se retrouvent entièrement démunis.


En réponse à ces inquiétudes, la qualité de l’accompagnement de ces personnes est primordiale. On peut toutefois ajouter que la prise de risque est inhérente à l’action, mais que cette dernière est une composante essentielle de la dignité humaine et l’occasion de se prouver que l’on peut faire quelque chose par soi-même. Une grande transparence dans la communication faite autour du statut (sur ses avantages et ses limites) et un bon accompagnement des auto-entrepreneurs semblent être deux conditions nécessaires à la dimension effectivement sociale du statut.


De fait, le statut fait parler de lui dans les banlieues et dans les quartiers pauvres et Hervé Novelli évoque « ces jeunes parfois désespérés par cette société qui ne leur donne pas leur chance » et qui veulent en savoir plus sur le statut. Il parle d’un régime « porteur de philosophie qui fait du salarié un patron et du patron un salarié »[3] ou encore d’une « réconciliation des classes. » Ce lyrisme peut faire sourire : ce qui plaît dans ce statut, c’est son pragmatisme. L’annonce que les chômeurs et demandeurs d’emploi pourront devenir auto-entrepreneurs avec un taux spécifique le 1er mai prochain, voilà du concret qui accentue davantage encore la couleur sociale de ce statut.


 


                                                                                                                             Marie Gouilly-Frossard


 






[1] Secrétaire d’État chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme et des Services, « père du statut ».


[2] Sur ce sujet, voir l’article « Auto-entrepreneurs et minima sociaux », paru dans notre Newsletter du 24 avril 2009.

 

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