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Etude Alptis sur le travail indépendant


En 2030, le travail indépendant sera-t-il aussi répandu que le salariat ?

L’Observatoire Alptis de la protection sociale propose six explications et quatre scénarios plausibles sur l’avenir du marché du travail indépendant

Six évolutions majeures à l’origine de la croissance du travail indépendant

  • Des évolutions législatives : deux évolutions législatives sont intervenues en France depuis 15 ans pour les travailleurs non-salariés : — après 2003, l’autorisation du cumul des indemnités chômage avec une activité d’indépendant ; — en 2008, la création du statut d’auto-entrepreneur.
  • La précarisation du marché du travail : en France, en 2015, environ 85 % des salariés sont en CDI, 10 % en CDD et 2,5 % en interim. Le CDI reste donc la forme de contrat la plus répandue, et sa part diminue très lentement : -2 points depuis 10 ans
  • Baisse des revenus pour les salariés, hausse pour les indépendants
  • Le développement de l’externalisation par les entreprises : les grandes entreprises françaises ont réalisé depuis une vingtaine d’années un triple mouvement de repli sur le coeur de métier, d’externalisation et de délocalisation.
  • L’apparition de plateformes collaboratives : différents types de plateformes collaboratives ont vu le jour depuis 10 ans, permettant à des particuliers de proposer leurs services à d’autres particuliers (SuperMano pour le bricolage, Helpling pour le ménage, etc.) ou à des entreprises (traductions, services informatiques, par exemple via Mechanical Turk d’Amazon) pour des tâches ponctuelles de différents niveaux de qualifications.
  • Le décalage entre les attentes des travailleurs et le management des entreprises Dans la plupart des enquêtes d’opinion, les Français considèrent que le travail occupe une place très importante dans leur vie 34. En particulier, une majorité de salariés aimeraient que leur travail constitue une source d’épanouissement professionnel et personnel. Et, s’ils sont globalement satisfaits de leur travail, ils affichent en revanche deux sources de frustration : le manque d’autonomie dans l’exercice de leurs activités et le manque de reconnaissance de leurs compétences et leurs performances

Quel travail indépendant en 2030 ? Un statut unifié du travailleur, un revenu universel expérimenté, des travailleurs autonomes et heureux en entreprise ou ailleurs, des entreprises et des travailleurs en mode projet ?

Quatre scénarios d'évolution

“L’entrepreneur roi, le salarié prolétaire”

Les entreprises se concentrent uniquement sur l’économie, multiplient les licenciements et les embauches en CDD ou intérim. La pression sur les salariés restants est écrasante. Beaucoup d’entre eux décident de se désengager de leur travail en démissionnant. En parallèle, le travail indépendant se développe et cumule de nombreux avantages. Toutefois, seules les personnes qualifiées en bénéficient vraiment. Les professions libérales font pression pour supprimer le statut d’auto-entrepreneur, jugé trop peu compétitif par rapport au marché et aux autres statuts. Au niveau de la protection sociale, il y a des tensions croissantes autour du financement et il existe de nombreux débats autour de l’intégration des professions libérales au régime général.

“L’indépendance subie”

Le marché du travail s’assouplit en proposant un nouveau contrat de travail moins rigide, qui entraîne une forte croissance des emplois. En revanche, ce système creuse davantage les inégalités car les travailleurs qualifiés en profitent au détriment des autres, s’enlisant de plus en plus dans une situation de précarité. Le nombre d’indépendants augmente mais pas suffisamment pour créer un véritable marché et un vrai rapport d’offre et de demande. Beaucoup sont soumis à des missions précaires. Le système de la protection sociale est recentré sur un socle minimal de prestations, l’accès aux soins est limité pour les moins aisés.

“Tous entrepreneurs nomades”

Le marché du travail devient plus flexible et dynamique via l’instauration d’un nouveau contrat de travail axé sur la réalisation de missions. La formation professionnelle est mise en avant, afin de favoriser les conversions. Les nouvelles embauches salariales se font sur ce nouveau modèle. Le salarié et l’indépendant se confondent sur certains points mais continuent a être issus de deux statuts différents. Les réglementations deviennent plus souples, le télétravail devient une norme. Toutefois, un fossé se creuse entre les plus et les moins qualifiés, dont le niveau de rémunération et la stabilité varient extrêmement. La protection sociale fusionne les deux régimes, même si l’adaptation aux évolutions du marché du travail est difficile sous certains aspects.

“À chacun son organisation du travail”

L’économie “à la demande” se développe fortement, notamment avec l’explosion des nouvelles technologies et valorise fortement l’emploi local ainsi que le travail à la personne. Un statut unique du travail est créé, avec des droits relatifs à une personne et non à un statut. Les salariés peuvent cumuler à la fois leurs activités au sein de leur entreprise et leurs missions en indépendant. Essor de la pluractivité, mais qui peut mener à une lourde charge de travail. De ce fait, le travail indépendant se développe massivement. La fusion entre les tous les régimes de protection sociale est totalement réussie.

 

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