fbpx EITI, la micro entreprise pour l'insertion | FNAE
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Quand insertion rime avec création (d’entreprise) : l’engagement des EITI

Sommaire

Encore méconnues car toutes jeunes et encore en phase d’expérimentation, les Entreprises d’insertion par le travail indépendant ou EITI sont des structures destinées à accompagner des personnes éloignées de l’emploi, en butte à des difficultés multiples, via une activité économique indépendante. Et le régime de la micro entreprise s’avère particulièrement bien adapté à cette démarche de lutte contre l’exclusion sociale et professionnelle !

Un levier d'inclusion innovant

Dernières nées dans la famille des entreprises d’insertion de l’Economie Sociale et Solidaire grâce à l’article 83 de la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, les Entreprises d'insertion par le travail indépendant se positionnent comme des modèles innovants de lutte contre le chômage et l'exclusion sociale par leur recours à l’entrepreneuriat. 

À l’initiative de la loi d’expérimentation qui a fait naître ces structures d’insertion : Charles-Edouard Vincent, fondateur de Lulu dans ma rue qui est la première à avoir obtenu ses galons d’EITI. Encore expérimentales jusqu’en 2026, les EITI se sont multipliées et sont désormais soixante-dix sur le territoire français, y compris en Outre-mer. Un engagement social inspirant et une étoile supplémentaire pour la micro entreprise !

Le choix de l'entrepreneuriat

La clef de leur vitalité ? L’entrepreneuriat, et tout particulièrement le régime de la micro entreprise ! Grâce à sa grande souplesse, la micro entreprise permet aux personnes accompagnées de s’appuyer sur leurs goûts, leurs compétences, leurs savoir-faire, pour poser les bases d'une indépendance professionnelle durable.

À qui s’adressent les EITI ?

Les EITI s'adressent à des personnes marginalisées ou éloignées du marché du travail, en lien avec France Travail : 

  • familles monoparentales, en majorité des mères célibataires avec enfants ;
  • chômeurs de longue et courte durées et bénéficiaires du RSA ;
  • personnes ayant un parcours de vie chaotique ;
  • personnes en situation de handicaps ; 
  • séniors ;
  • personnes ayant des situations sociales complexes, tels des réfugiés ;
  • jeunes en situation de décrochage.

Le profil-type des bénéficiaires

Le Plaidoyer pour une prolongation de l’expérimentation de l’EITI dessinait en 2020 le portrait du travailleur indépendant accompagné :

  • un homme (59%), mais à noter que les 41 % de femmes accompagnées représentent une part plus forte que dans l’ensemble des Entreprises d’insertion ;
  • âge entre 36 et 45 ans (59%) ;
  • issu d’une zone urbaine (75%) ;
  • demandeur d’emploi de longue durée (92%) ;
  • bénéficiaire du RSA pour 83% d’entre eux ;
  • issu des QPV (Quartier priorité de la ville) à 75% ou de ZRR (Zone rurale à revitaliser), un chiffre déterminé cependant par les secteurs d'implantation en majorité urbains des EITI.

Un accompagnement sur mesure

Les EITI, soutenues par des subventions d’Etat, accompagnent les bénéficiaires dans toutes les étapes de l’entreprenariat, de la définition du projet à sa réalisation concrète, dans tous types de secteurs d'activités. 

La durée de l'accompagnement est variable selon la situation de chaque travailleurs indépendant, souvent de 18 mois et au maximum de 24 mois.

Comment intégrer un parcours d’accompagnement en EITI ?

Pour bénéficier de cet accompagnement par une EITI, outre les critères liés à sa situation professionnelle (être au chômage de très longue durée ou au RSA ou être adressé par France Travail), le bénéficiaire doit maîtriser la langue française et disposer de compétences de base en matière de lecture, d’écriture, de calcul. 

Les 3 piliers de l’action des EITI

Les EITI articulent leurs interventions autour de 3 pôles principaux : 

  • gestion administrative et financière de l’entreprise, de la mise en place d’un projet à la création de l’entreprise et à sa gestion (incluant les démarches avec l’Urssaf, Nova, SAP,…) ; 
  • levée des freins socio-professionnels : toutes les situations pouvant entraver l’accès à une activité professionnelle sont prises en charge, tels les problèmes de santé, de famille, de surendettement, de logement, en lien avec les organismes sociaux et des partenaires multiples ; 
  • développement commercial : l’EITI agit comme apporteur d’affaires et facilite la mise en relation du bénéficiaire de l’accompagnement avec les clients potentiels.

Des actions complémentaires

En plus de ces trois pôles d’action, les EITI travaillent sur 2 autres axes :

  • des formations : cette partie de l’accompagnement se heurte à la difficulté de financement, les personnes ne disposant généralement pas de Compte personnel de formation ou de droits via des fonds d'assurance formation. Dans l'attente d'un système de financement adéquat, les EITI ont mis en place des dispositifs de formation pour soutenir la montée en compétences des travailleurs indépendants. Par exemple, les équipes de Lulu dans ma rue proposent des formations aux gestes et postures, au développement de la relation client, au ménage ou au bricolage, ainsi que des formations au digital. 
  • la gestion du projet professionnel : les EITI s’attèlent à développer l’autonomie du bénéficiaire en tant que travailleur indépendant (ou le cas échéant, l’accompagnent vers une formation professionnalisante ou la recherche d’un emploi). 

Lulu dans ma rue : la toute première EITI

C’est en 2018 que la loi consacre la première EITI : Lulu dans ma rue. Une histoire de cœur et de quartier qui a commencé en fait bien avant, en 2015.

Lulu dans ma rue trouve ses racines chez Emmaüs Défi, laboratoire d’innovations sociales, créé par Charles-Edouard Vincent. Ce chantier d’insertion accompagne des personnes issues de la rue et tente de les ramener vers un emploi salarié durable. Les publics accompagnés dans le cadre de l’insertion par l’activité économique ont besoin d’une activité professionnelle pour reprendre confiance en eux, se stabiliser, se reconstruire, et s’assumer financièrement. 

Pour autant, Charles-Edouard Vincent constate que l'emploi salarié dans un cadre d’entreprise n’est pas toujours adapté à tous, car il est parfois trop contraignant. Il est donc nécessaire de créer de nouvelles alternatives à l’entreprise classique. L’émergence des nouvelles formes d’activité comme le travail indépendant et son développement extrêmement rapide sont donc apparus comme une réponse pertinente et adaptée à cette problématique. C’est ainsi que Charles-Edouard Vincent fonde Lulu dans ma rue, projet social ambitieux qui s’incarne dans une conciergerie de quartier, un point d’accueil physique et chaleureux.

Aujourd’hui, Lulu se porte bien : l’équipe a développé un dispositif qui facilite la mise en relation des travailleurs indépendants avec des clients, à Paris comme à Lyon, et la structure envisage de s’implanter dans d’autres villes.

En 2024, ils sont près de 300 Lulus à être accompagnés via le travail indépendant, puissant levier pour la professionnalisation et la sécurisation des parcours, mais aussi excellent support à la valorisation des compétences de chacun. 


 

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