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Portrait des indépendants par l’Insee 

Sommaire

L’Insee (Institut National de la statistique et des études économiques) a publié en début d’année 2022 son rapport concernant les entreprises en 2021 et le profil des 3 millions d’indépendants de France métropolitaine. Un rapport complété par les données de l'Urssaf, qui dressent un portrait globalement positif pour les indépendants et plus spécifiquement les auto entrepreneurs... et pointe les fragilités et les disparités des entrepreneurs individuels.

Bilan de 2021

L’année écoulée est caractérisée par une nette hausse des créations d’entreprises dont des entreprises individuelles, assortie d’une augmentation du chiffre d’affaires.

Créations d’entreprises en 2021

Toutes entreprises confondues ont été enregistrés 16% de création sur 12 mois.

  • avec +16% de création d'auto entreprises

  • + 24%de création de sociétés

  • +1,9 % d’entreprises individuelles classiques

Les auto entrepreneurs : une population en expansion

Les données Urssaf recensent 2,229 millions d’auto entrepreneurs administrativement actifs, soit 296 000 de plus sur un an (+ 15,3 %).

Côté nouvelles immatriculations ont été comptabilisées 704 000  nouvelles entreprises individuelles sur 12 mois, soit 16,1 % de plus que sur l’année précédente. 

Des chiffres d'affaires en hausse

1 287 000 auto entrepreneurs déclarent un chiffre d’affaires (CA) positif, soit 17,8% de plus qu’au quatrième trimestre 2020. La part des auto entrepreneurs actifs atteint ainsi 57,8 %, une hausse de 1,2 point par rapport à la fin 2020. 

Le chiffre d'affaires trimestriel moyen, à 4 706 euros, soit 7,4 % de plus en un an, atteint le plus haut niveau jamais atteint depuis la création du régime de l’auto entreprise (ce qui peut s’expliquer aussi par le doublement en 2018 des plafonds y ouvrant droit).

 

Portrait des indépendants

Revenus et niveaux de vie

Quatre indépendants sur dix ont des revenus d’activité déclarés inférieurs au Smic annuel (rapporté à la quotité de travail exercée).

Pour plus d’un quart d’entre eux (27 %), les revenus d’activité annuels sont inférieurs à la moitié du Smic.

Dans cette catégorie figurent, sans surprise, en majorité les femmes, les jeunes, les plus de 65 ans ou encore ceux qui exercent une profession dans le secteur de l’information, des arts et des spectacles.

Petit glossaire  

Revenu d’activité net = revenus d’indépendants + salaires éventuels
Revenu disponible = revenus d’activité + indemnités de chômage + retraites et pensions + revenus du patrimoine (fonciers et financiers) + autres prestations sociales perçues. Il correspond à l' ensemble des revenus à la disposition du ménage pour consommer et épargner

Le rapport souligne que si la pauvreté monétaire des indépendants est plus importante que chez les salariés, les travailleurs indépendants n’ont globalement pas un niveau de vie inférieur.

Ainsi, 18 % des indépendants ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté. Mais ils sont moins nombreux, soit 12 %, à cumuler de faibles revenus et un niveau de vie en dessous du seuil de pauvreté. 

Petit glossaire

- Niveau de vie = revenu disponible d’un ménage divisé par son nombre d’unités de consommation. Il intègre l'ensemble des ressources du ménage, la composition familiale, les éventuels revenus de remplacement (chômage, retraite, etc...) 

- Unités de consommation (UC) = 1 UC au premier adulte du ménage, 0,5 UC aux autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 UC aux enfants de moins de 14 ans. 

- Seuil de pauvreté = 1 063 euros en 2018 et 1 102 euros en 2019 par mois et par unité de consommation. 

- Ménage = ensemble des occupants d’un même logement sans que ces personnes soient nécessairement unies par des liens de parenté. 

Des extrêmes

Le niveau de vie des indépendants se distingue de celle des salariés par une plus forte représentation aux extrémités : 13 % d’entre eux font partie des 10 % des ménages les plus pauvres contre 5 % des salariés et 25 % d’entre eux font partie des 10 % des ménages les plus aisés contre 12 % des salariés.

Des situations disparates selon les activités

Les travailleurs indépendants ne présentent pas le même profil selon leur secteur d’activité.

Arts et spectacles 

Les indépendants de ce secteur de l’information, des arts et du spectacle sont peu nombreux (3% des indépendants) mais sont les plus nombreux à avoir des revenus très faibles : la moitié d’entre eux dégage un revenu annuel inférieur à la moitié d’un Smic annuel). Ils comptent aussi le plus grand nombre de personnes vivant dans un ménage en dessous du seuil de pauvreté avec 28 %.

Agriculture

Ce secteur compte 38% de travailleurs ayant un revenu d’activité très bas. Parmi eux, 26 % vivent sous le seuil de pauvreté. 

Commerce

36% des TI exerçant une activité dans le commerce disposent de très faibles revenus et 21% d’entre eux ont des revenus situés en-dessous du seuil de pauvreté.

Artisanat

29 % des Ti exerçant dans l’artisanat ont de très faibles revenus, et 24% se situent en-dessous du seuil de pauvreté soit 3% de plus que dans le commerce. 

Professions intermédiaires

6 % des indépendants exercent une profession intermédiaire en dehors des domaines de la santé et du travail social : 32 % d’entre eux ont des revenus d’activité très bas et 20 % vivent sous le seuil de pauvreté.

Santé et travail social

Les indépendants exerçant une profession intermédiaire dans les domaines de la santé et du travail social, soit 8 % des indépendants sont 7 % avec de faibles revenus et 4% dont le ménage vit sous le seuil de pauvreté.

Proportions d’indépendants gagnant très peu et d’indépendants sous le seuil de pauvreté par catégorie socioprofessionnelle en 2018-2019 source Insee 

Les séniors

Les séniors (65 ans et plus) constituent la catégorie d’indépendants les plus nombreux (45 %) à percevoir de très faibles revenus d’activité. En revanche, ils sont aussi les moins exposés à la pauvreté (11 %) car ils disposent souvent d’autres sources de revenus, à commencer par une pension de retraite pour 85 % de ceux qui perçoivent de faibles revenus. De plus, 29% d’entre eux travaillent sur une durée inférieure à un mi-temps.

Les femmes

Les femmes, les plus jeunes et les plus âgées, exerçant comme indépendantes ont plus souvent de très faibles revenus que les hommes. 30 % d’entre elles gagnent moins que la moitié du Smic annuel contre 26 % pour les hommes. 12 % exercent sous le statut d’aide familial d’exploitant agricole ou de conjoint collaborateur. 

Les jeunes

Les indépendants les plus jeunes ont plus souvent des revenus d’activité très bas. 35% des indépendants de moins de 30 ans perçoivent de faibles revenus d’activité. Ils sont aussi deux fois plus souvent micro-entrepreneurs que l’ensemble des indépendants (48 % contre 24 %). Cette tranche d’âge exerce le plus souvent dans le secteur de l'artisanat, qui inclut les livreurs à domicile ou les chauffeurs de VTC (32 %). 

Situation familiale

Les indépendants sont plus souvent en couple (avec ou sans enfant) que les salariés : 9 sur 10 vivant en couple ont un conjoint qui perçoit des revenus.

Les revenus des conjoints de TI représentent en moyenne près de la moitié du revenu disponible du ménage. Cette part monte à 71% lorsque les indépendants gagnent très peu, soit 22 points de plus que pour l’ensemble des indépendants en couple.

Les indépendants qui vivent seuls, avec ou sans enfants, sont les plus nombreux à percevoir de très faibles revenus d’activité. Leur niveau de vie, évalué à l’échelle du ménage, est définitivement plus bas : 34% d’entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté. Les indépendants monoparentaux sont 3 fois plus nombreux dans cette situation que les couples sans enfant.

Prestations sociales

Les prestations sociales représentent une part importante du revenu disponible des indépendants percevant de très faibles revenus, particulièrement chez les indépendants vivant sous le seuil de pauvreté pour qui elle peut représenter un bon tiers du revenu moyen.

Plus de la moitié des indépendants bénéficient d’au moins une des cinq principales prestations sociales : (revenu de solidarité active (RSA), prime d’activité (PA), allocation adulte handicapé (AAH), allocations logement (AL) ou prestations familiales (PF). 

  • RSA : les indépendants sont en moyenne 5% à percevoir le RSA, 13 % lorsqu’ils gagnent très peu et 18 % lorsqu’ils vivent sous le seuil de pauvreté.

  • Prime d’activité : les indépendants en bénéficient moins souvent que les salariés (14 % contre 21 %). Les TI aux très faibles revenus et ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté sont 23 % et 34 % à la percevoir . 

  • Prestations familiales : 45% des indépendants qui vivent sous le seuil de pauvreté bénéficient de prestations familiales.

  • Allocation logement : elle est versée à 14 % des indépendants : elle concerne 38 % de ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté et 25 % des indépendants gagnant très peu. Elle représente 16 % du revenu disponible moyen pour les indépendants sous le seuil de pauvreté.

 

 

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