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Sophie Duprez, présidente du CPSTI, pour l'avenir des entrepreneurs


Pour la Fédération des autoentrepreneurs (FNAE), Sophie Duprez - cheffe d'entreprise et présidente du CPSTI (Conseil pour la protection sociale des travailleurs indépendants) - dit son investissement pour faciliter les démarches des travailleurs indépendants. Comme Grégoire Leclercq, président de la FNAE, elle souligne l'importance d'y mettre plus de simplicité... comme l'autoentreprise.   

Pour mes boulangeries, j’ai su déléguer et accepter l’imperfection

Le plus important : je suis heureuse d’avoir trois fils de 22, 23 et 25 ans, et d’avoir réussi à conjuguer vie privée et vie professionnelle car j’ai pu constater avec mon père combien cela était difficile.

En parallèle, conserver un lien avec son exercice professionnel est fondamental. J’ai ainsi gardé mon travail lorsque j’ai ouvert ma première boulangerie. Sachant que je ne pourrais pas tout assurer, j’en ai délégué dans un premier temps la totalité. Je me suis occupée de mes enfants, et j’ai généré des bénéfices. Grâce à cette délégation, j’ai pu m’investir dans d’autres associations, des syndicats, et par conséquence avoir des chances supplémentaires pour développer mes entreprises. Cela m’a permis de reprendre de nouvelles boulangeries (dont trois en mai 2019) portant ainsi à dix leur nombre total, malgré tout le temps passé à Paris. 

Ainsi, le quotidien est dense avec de multiples temps de travail diversifié, mais l’important est de rester concentrée face aux incertitudes.

La seule solution pour avancer, c’est de déléguer, de libérer du temps et d’accepter l’imperfection. Cette capacité d’acceptation assure une liberté de gestion. Lorsqu’une personne me parle d’un problème, je ne cherche pas à lui donner une réponse, je lui demande plutôt ce qu’elle propose. La volonté pédagogique est indispensable pour responsabiliser ses relations.

Mon prochain défi ? Etre plus présente dans mon entreprise ! Mes salariés ont besoin d’échanges, d’encadrement et de soutien. J’ai une super équipe !

Je défends les entreprises car je connais le fonctionnement des administrations

Les contrôles peuvent constituer de vrais traumatismes pour les chefs d’entreprise. Moi-même, j’ai été confrontée à un grand nombre d’entre eux: contrôles Urssaf, fiscaux, médecine du travail, inspection du travail, et même un contrôle des délais de paiement. Sans parler des procédures d’expropriation d’une enseigne. 

J’ai été mise face à des situations ubuesques lors de la baisse de TVA dans la restauration, en 2007. Suite à cela, un conseiller ministériel m’a incitée à m’investir dans les conseils d’administration du RSI. En effet, la première gouvernance du RSI avait décidé que les dividendes des SARL devaient être soumises à cotisations sociales. Tellement inacceptable que je me suis ensuite engagée dans la foulée. Déjà que les charges sociales sont lourdes, que des représentants patronaux demandent de les augmenter m’insupportait !

Ayant vécu des difficultés dans mon entreprise, je me suis sentie utile pour défendre les chefs d’entreprise. La défense des intérêts particuliers sert l’intérêt général.

Entre autres conseillère prud’homal, membre du CESE, administratrice à l’Urssaf et à la médecine du travail, j’ai eu l’opportunité d’observer l’intérieur des administrations, d’avoir une vision large de leur fonctionnement en lien avec les chefs d’entreprise. Je comprends les attendus, et j’estime que mes propositions peuvent influencer.

Mon souhait est de simplifier les entreprises, à la manière de l’auto-entreprise

Comme je l’ai exprimé au cours de vos Assises, le dialogue est plus constructif que les communiqués de presse ! C’est un travail de collaboration. Par exemple, mon travail avec la FNAE s’entretient de mes échanges avec son Président, Grégoire Leclercq. Lorsqu’ensemble nous demandons la simplification des cotisations des indépendants pour faciliter le passage d’un régime à l’autre, nous sommes coordonnés et plus efficaces.

Au CPSTI, tous les conseillers sont très investis. Nous échangeons entre nous à distance en usant des nouveaux moyens de communication, mais nous ne déléguons pas les actions les plus importantes, comme la définition de la stratégie, ou encore les rencontres décisionnelles (ministérielles, responsables administratifs, etc.).

Je sais que les auto-entrepreneurs sont chahutés. Ils sont parfois mal perçus dans certaines organisations ou fédérations car ils sont considérés comme une concurrence déloyale à cause d’un avantage fiscal. C’est vrai, vous bénéficiez d’un système agile facilitant le paiement des cotisations sociales, c’est un fait. En tant que présidente du CPSTI, je sais que vous payez la même chose que les autres en matière de prestations sociales et cotisations. Voire plus puisque les autoentrepreneurs en double activité paient des cotisations qui ne sont pas productrices de droits ! Ce que je demande aux pouvoirs publics, ce n’est pas de dégrader votre fonctionnement, c’est d’améliorer celui des entrepreneurs au régime réel en s’inspirant de l'auto-entreprise.

J’ai prochainement rendez-vous avec des conseillers ministériels pour solliciter une modification des textes applicables favorisant l’évolution du statut des indépendants afin qu’ils bénéficient de certains avantages accordés aux auto-entrepreneurs. La motivation d’un auto-entrepreneur est la simplicité. Je veux qu’à chaque fois qu’un indépendant au régime réel se verse un revenu personnel, il puisse en informer les organismes de sécurité sociale en l’inscrivant directement sur un site internet qui permettra un déclenchement automatique de paiement des cotisations sociales. Comme pour la TVA, ce paiement pourrait être mensuel trimestriel ou annuel avec paiement d’acompte au choix. Les revenus conservés dans la société n’auraient pas à être assujettis.

En outre, il faut permettre la séparation entre les indépendants dont l’activité est  principale et ceux dont l’activité est secondaire car les besoins en protection sociale sont différents pour eux. Nous y travaillons avec le programme de la mandature actuelle du CPSTI. 

Une  conclusion ? Vive les chefs d’entreprise, qu’ils continuent leur activité sans se décourager des lenteurs administratives!

Sophie Duprez...

...Côté entreprise

  • Gérante de Crousti-Pain (Puy de Dôme), création en août 1995
  • Ouvert de 4h45 à 21h30
  • CA 4,5 M€ en 2017
  • Rachats d’enseignes et créations – 10 magasins, 150 employés
  • Création de la holding SARL Groupe Crousti pour les services des magasins
  • Instauration de caisses pilotes anti-braquage
  • Circuit court et durable avec les producteurs de blé régional

...Côté social

  • 2009 : Chevalier dans l'ordre national du Mérite

...Côté politique

  • Présidente du CPSTI depuis 2019
  • Membre de la CPME, section Commerce
  • Administratrice fédération CPME du Puy-de-Dôme
  • Administratrice Urssaf Auvergne
  • Conseillère de l'Instance régionale PSTI Auvergne-Rhône-Alpes
  • "Alimentation et tendance" – syndicat professionnel restauration rapide – co-fondatrice en juin 2012, présidente jusqu’en 2017
  • Membre du CESE  (représentante de CPME) depuis 2010 : section Affaires sociales et santé / Groupe éducation, culture, communication/ vie économique et dialogue social

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