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Atlantico interview le président de la Fnae sur le déclin de l'APCE


APCE : pourquoi l'Etat ne supporte pas de ne pas avoir la main mise sur l'aide à l'entreprise

L'Agence pour la création d'entreprises, qui conseille les entrepreneurs dans leurs démarches, va sans doute disparaître, faute de budget suffisant. Alors que l’État finance à grands frais des agences peu efficaces, il a coupé toute subvention à cet organisme associatif.

Atlantico : L'Agence pour la création d'entreprises (l'APCE) est au bord de la disparition, du fait d'une dotation de l'Etat en chute libre. Pourquoi l'Etat n'a-t-il plus le souhait de maintenir une structure associative, pourtant peu coûteuse ? La raison est-elle en partie politique ?
Grégoire Leclecrq : Il y a une double raison. La première est budgétaire avec la volonté de faire des économies sur ce qui est alloué aux agences. L’économie sur l’APCE est de 2,7 millions d’euros (sur les 6 millions dont l’agence a besoin pour fonctionner). Il y a six ans, l’agence avait un budget de fonctionnement de 7 millions, donc 6 étaient fournis par l’Etat. Il y a donc une vraie volonté d’économie à la base.

Mais il y a bien sûr aussi une raison politique liée à la gouvernance globale de l’accompagnement à la création d’entreprise. On a aujourd’hui un fourmillement incroyable d’organismes consulaires ou parapublics qui viennent en redondance les uns avec les autres et une absence complète de coordination. L’Etat finance une grande partie de ces acteurs institutionnels ce qui constitue une énorme gabegie pointée par l’Inspection générale des finances. Or, dans ce contexte, il a été reproché à l’APCE de ne servir à rien. Et comme quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage, l’Etat a profité des conclusions de l’Inspection générale des finances pour revenir sur son aide.

L'Etat prétend vouloir remettre les entreprises au centre de l'économie, mais souhaite également garder le monopole de leur assistance (BPI, CCI...) au détriment de structures privées, comme l'était l'APCE. Comment analysez-vous ce positionnement ? 
L’Etat tape sur le plus faible. L’APCE ne représente que 45 salariés, malgré sa forte notoriété et les 800 000 visiteurs mensuels de son site. Elle a cependant une énorme faiblesse : elle n’est pas défendue par les gens qu’elle sert. Elle a un poids politique faible par rapport à d’autres organismes similaires. Nous avons lancé une pétition pour la sauvegarde de l’APCE qui n’a réuni que 1 900 signatures la première semaine. Quand on voit le nombre de visites sur le site, c’est clairement un échec.

Y a-t-il une tendance plus forte de l'actuelle majorité de ne pas supporter que l'initiative économique échappe au contrôle étatique, ou la tendance est-elle transversale à la droite et à la gauche ?
Je suis obligé de reconnaître qu’à droite comme à gauche, depuis au moins cinq ans, le soutien ne fait qu’aller décroissant et l’attache qu’aurait par exemple pu avoir l’APCE ne s’est pas démontrée plus solide à droite qu’à gauche. La subvention de l’APCE a commencé à baisser sous un gouvernement, de droite d’ailleurs…

L'accompagnement proposé par la CCI est assez décrié par les entreprises elles-mêmes, et il semble manquer un vrai organisme de conseil issu d'une initiative privée. Pourquoi l'APCE ne peut-elle pas envisager de continuer sa mission en se basant sur des partenariats privés plutôt que des subventions ?
Le modèle économique de l’APCE ne repose pas sur le créateur d’entreprise. C’est sans doute un tort. L’APCE doit se demander si elle veut continuer à proposer une information complète accessible à tous, y compris à ceux qui n’ont pas un centime à mettre dans la recherche de conseil. Elle pourrait en contrepartie solliciter des partenaires privés comme des banques, des compagnies d’assurance… pour financer ce modèle. On se rend compte cependant que cela ne marche pas. On ne pourra pas faire en sorte que les financeurs soient assez nombreux pour que ce système soit viable, ni amener les créateurs d’entreprises à s’intéresser suffisamment au service qui leur est rendu.  Le vrai modèle économique serait sans doute de se diriger vers du contenu payant, et la vraie erreur est de ne pas avoir réformé le modèle économique plus tôt. L’APCE a mal suivi les évolutions, et la révolution digitale notamment.

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