Pour accéder à tout le contenu, rejoignez dès aujourd'hui la Fédération des Auto-entrepreneurs !

Comme 80.000 membres avant vous, regroupez-vous et faites-vous entendre !

J'ADHERE

La FEDAE sur France Inter à propos de la requalification


Économie collaborative : les indépendants sont-ils des "salariés déguisés" ?

C'est la question qu'Emmanuel Ruffez a posée à Grégoire Leclercq, président de la FEDAE.

Le tribunal des Prud'hommes de Paris examine mercredi 03/05/2017 la requête de quatre anciens livreurs de la plateforme Take Eat Easy qui souhaitent requalifier leur contrat de travail.

L'économie collaborative est-elle en danger ? Elle pourrait en tout cas être ébranlée si les Prud'hommes donnent raison aux salariés de Take Eat Easy. Quatre ex-livreurs de cette plateforme qui a fait faillite l'an dernier ont décidé de demander la requalification de leur statut. D'autoentrepreneurs, ils deviendraient donc salariés. Mais jusqu'à présent, la justice a toujours débouté les coursiers. Une telle requalification de leur contrat permettrait aux coursiers de toucher les salaires qu'ils n'ont pas perçus pour leurs courses de juillet dernier.

Une "voie intermédiaire" plutôt que le tout-salariat ou tout-indépendant

Pour Grégoire Leclercq, co-fondateur de l'Observatoire de l'ubérisation et président de la Fédération des auto-entrepreneurs, la requalification du statut de ces indépendants en salariés est loin d'être une bonne idée. "Il y a des voies intermédiaires", explique-t-il. "Si on requalifie en masse tous ces indépendants en salariés, on tuera les plateformes et on tuera les emplois", précise-t-il. Pour lui, le risque existe pour les salariés de ces plateformes de se retrouver confrontés à un plan social et au chômage.

Tout le monde y perdra, les plateformes parce qu'elles ne pourront plus réaliser leurs services, satisfaire les consommateurs et fournir des revenus aux indépendants. Et les indépendants eux-mêmes qui se retrouveront à la case départ, c'est-à-dire rechercher à nouveau un revenu ou un emploi.

Le responsable de l'Observatoire de l'ubérisation insiste également sur la nécessité de voir évoluer la législation en la matière. La loi date de 1954-1956 et, si elle a "légèrement évolué", ce n'est pas suffisant pour s'adapter aux "nouvelles technologies, aux nouveaux modes de travail, au recours massif au travail indépendant". Grégoire Leclercq "plaide pour une prise en charge sociale de la part des plateformes de diverses cotisations [...], de la mutuelle, de négociations de groupe, etc. L'indépendant serait alors de mieux en mieux protégé et de moins en moins précaire".

Une économie au fort potentiel

En 2016, l'économie collaborative a généré 28 milliards d'euros de transactions, soit le double de l'année précédente. Des transactions qui pourraient atteindre 572 milliards d'euros en 2025.

Selon les chiffres communiqués par la DGCCRF fin 2016, le marché mondial de l'économie collaborative concerne 90 000 start-up. En 2013, il générait 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Le taux de croissance annuel moyen est estimé à +36,4% et le marché pourrait être multiplié par 20 en 10 ans.

La France est l'un des leaders de l'économie collaborative, tant en chiffre d'affaires (3,5 milliards d'euros selon une étude datée de 2014-2015) qu'en diversité de l'offre. 89% de la population française a également déclaré avoir déjà eu recours à l'économie collaborative.


0 Commentaire