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La Fnae regrette les effets du choc de complexification dans "Le Monde"


Denis Cosnard, journaliste au monde, publie le 17 juin un article intitulé "Les créations d’autoentreprises en chute libre". Le président de la Fnae, Grégoire Leclercq, y prend un eposition cliare sur le choc de complexification. Extraits :

L’âge d’or de l’autoentreprise est-il déjà révolu ? Sept ans après sa mise en place, ce dispositif, qui a rencontré un énorme succès et permis à 1,9 million de Français de devenir leur propre patron, attire de moins en moins. Les créations sont en chute. Une « catastrophe », selon Grégoire Leclercq, le président de la Fédération des autoentrepreneurs, qui estime indispensable une nouvelle réforme pour redonner son éclat à ce régime.
Les chiffres publiés mardi 16 juin par l’Insee sont frappants. En mai, seuls 15 459 microentrepreneurs, la nouvelle appellation des autoentrepreneurs, ont créé leur structure. C’est 29 % de moins qu’un an auparavant, et le plus bas niveau mensuel depuis les débuts de ce dispositif, au printemps 2009.

« Un dispositif moins simple »
Coiffeurs, infographistes, vendeurs de prêt-à-porter ou encore tatoueurs : à l’époque, de nombreux Français avaient profité de l’instauration des autoentreprises. Pour tenter l’aventure, rien de plus simple. Un formulaire à remplir sur Internet, et il devenait possible de travailler, d’encaisser des honoraires. Pas de chiffre d’affaires ? Pas de charges. Et pour les entreprises engrangeant des revenus, des charges limitées, faciles à acquitter. Un cadre idéal pour exercer une activité à temps partiel et obtenir un complément de revenus.

En mars 2010, près de 44 000 travailleurs indépendants avaient ainsi fondé une autoentreprise. Après ce pic, le niveau des créations avait un peu reflué, se stabilisant autour de 25 000 par mois. Les autoentreprises représentaient alors plus de la moitié de toutes les nouvelles entreprises.
Depuis quelques mois, le rythme des créations ralentit nettement. La raison ? « Ce recul coïncide avec la mise en place de la loi de 2014 qui a modifié le régime des autoentrepreneurs », constate Pierrette Schuhl, de l’Insee. Nathalie Carré, spécialiste du sujet aux chambres de commerce et d’industrie, est plus affirmative. « La loi entrée en vigueur en janvier a changé la donne, dit-elle. Le dispositif est moins simple et les candidats hésitent. »

Plus de taxes, souscription à une assurance...
Le texte porté par l’ancienne ministre Sylvia Pinel a effectivement posé des contraintes nouvelles. Plus possible de s’inscrire d’un simple clic. Une inscription à la chambre de commerce ou à celle des métiers est nécessaire, de même que l’ouverture d’un compte bancaire séparé. Des taxes ont été ajoutées, ainsi qu’un stage obligatoire de quatre à cinq jours pour les artisans. Ceux-ci doivent, en outre, souscrire une assurance.
De quoi réjouir les artisans classiques, qui avaient longtemps dénoncé une concurrence déloyale de la part des autoentrepreneurs. « Monter une entreprise était devenu presque trop facile, et certains se sont lancés sans avoir assez réfléchi, juge pour sa part Alain Belais, le directeur général de l’Agence pour la création d’entreprises. Après l’effervescence initiale, le nombre de nouvelles structures revient à des niveaux plus raisonnables. Cela n’a rien d’inquiétant. »

A la Fédération des autoentrepreneurs, M. Leclercq est d’un tout autre avis. « C’est fou : le gouvernement nous parle de choc de simplification, et c’est l’inverse qui se produit !, s’exclame-t-il. Les procédures ont été complexifiées. Cela rebute les candidats, les chiffres de l’Insee le prouvent. Résultat, les gens vont se remettre à travailler au noir… » A ses yeux, il serait nécessaire de modifier la loi, pour revenir à la simplicité initiale.

Une proposition écartée à Bercy, où l’on veut attendre la pleine application de la loi Pinel, en 2016, avant de tirer un bilan. « Il ne faut pas changer la législation tout le temps », appuie Laurent Grandguillaume, le député (PS) qui avait trouvé un terrain d’entente en 2013, lorsqu’une première tentative de réforme avait suscité la colère des « poussins » autoentrepreneurs. « Ceux qui créent leur activité ont besoin de stabilité et de visibilité », plaide-t-il. Mais si les créations poursuivent leur chute, le gouvernement ne pourra pas rester sans rien faire.

Source: 
Le Monde

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